Virgile Valette quitte son groupe d’opposition

Publié le 22 janvier 2011 par dans Communication, Conseil municipal, Presse locale

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Long discours le soir du Conseil MunicipalCourrier de l’Ouest – mardi 28 septembre 2010

Déclaration de Virgile VALETTE, conseiller municipal
Conseil Municipal de Bouchemaine, 28 septembre 2010

Madame le Maire, chers collègues, Mesdames, Messieurs, chers amis,

Vous avez déjà une vague idée de ce que vous allez entendre, mais il est tout de même nécessaire de préciser un certain nombre de points car il faut que les choses soient claires, pour les personnes qui avaient voté pour la liste « Ensemble + » comme pour toutes les autres.

Cela fait deux ans et demi que nous avons été élus au sein de ce Conseil municipal. Pour ma part, ne faisant pas partie de la majorité, je n’ai pas de rôle majeur si ce n’est d’être qualifié de « leader » des six élus du groupe d’opposition « Ensemble + ». Cette distinction est due au rang que j’occupais sur la liste conduite par Catherine Deroche en 2008, c’est à dire le N°2. Ce n’est qu’au terme de la campagne électorale et du désistement de trois élus, que nous avons constitué notre groupe actuel.
Les premiers temps, nous avons su travailler assez efficacement dans une même direction, probablement parce que nous étions encore dans la dynamique de campagne et accompagnés par d’anciens colistiers.
Au cours du temps et malgré la création d’une association de soutien des élus de notre liste qui s’est avérée très discrète et c’est peu dire, nous nous sommes retrouvés à prendre des décisions à six. Des personnalités assez fortes se sont alors révélées et aujourd’hui notre groupe n’affiche plus l’unité du début de mandat, tant au niveau du fonctionnement que des votes.

Mes interventions en Conseil municipal et mes votes se différencient de plus en plus souvent de ceux de mes colistiers.

Sur la question du logement, mon point de vue a nettement évolué. Le besoin de logements dans l’agglomération angevine est une réalité. Bouchemaine doit faire un effort important pour construire des logements, en particulier pour développer très fortement le marché locatif qui est inexistant et pourtant indispensable. Ceci constitue une première divergence entre nous. Mais ce développement urbain ne doit pas se faire en dépit du bon sens. Le bon sens, c’est de construire près des commerces et des écoles, sur des sites bien desservis par des transports en commun et disposant d’infrastructures routières adaptées. Le bon sens, ce n’est donc certainement pas d’implanter plus de 100 logements à la Pointe en pleine campagne. Ce n’est pas non plus de sacrifier le stade du Château près de l’école pour construire des logements, comme l’ont envisagé aussi bien l’ancienne que la nouvelle municipalité. Le bon sens, c’est aussi de répondre aux impératifs du Grenelle de l’Environnement, sans toutefois l’utiliser comme un prétexte pour interdire localement le développement urbain comme l’a déjà fait notre groupe pour la zone du Boulet.

Faire partie d’un groupe d’opposition ne signifie pas s’opposer à tout par principe.

Sur la place de Bouchemaine dans l’Agglomération, des élus de notre groupe d’opposition adoptent une position de plus en plus caricaturale en devenant presque « contre l’Agglo ». Lors du dernier Conseil municipal, mes colistiers n’avaient pour la plupart pas voté une délibération sur la prise de participation de Bouchemaine dans le capital social de la Société Publique Locale Angers Agglomération Aménagement. A ma connaissance, aucun autre élu des 31 communes de l’agglo, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition, de droite ou de gauche, n’avait voté contre ni même ne s’était abstenu. C’est dire que cette prise de position devient de plus en plus radicale, nous éloignant de l’intérêt général. Défendre la place de Bouchemaine dans l’Agglomération ne signifie pas s’opposer systématiquement à l’exécutif d’Angers Loire Métropole.

Les Conseils de village, voilà un bel outil ! Les Conseils consultatifs de quartiers ont un caractère obligatoire dans les villes de plus grande importance mais pas à Bouchemaine. Il y avait bien des groupes de travail regroupant des élus et des non élus par le passé, il y en a encore aujourd’hui, mais la mise en place de ce modèle de démocratie participative à Bouchemaine a constitué, je n’ai pas peur de le dire, une réelle avancée dans l’écoute des habitants, même si tout ne se déroule pas parfaitement. Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’il ne faut rien faire, des améliorations pourraient être apportées. Mes colistiers n’ont pas tout à fait la même opinion sur la démocratie participative. Rappelons-nous les débats qui ont opposé notre groupe d’opposition et la majorité lors du vote du règlement intérieur des Conseils de village. Sachez que je n’étais pas favorable à la présence d’élus au sein de ces instances, contrairement à certain de mes colistiers. Il doit y avoir une indépendance. On peut même aller plus loin, en disant qu’il n’est pas souhaitable non plus qu’une association de quartier soient représentée par un élu, fut-il dans l’opposition. Vous voyez que je dis ce que je pense. Pour autant, je maintiens ma position de début de mandat : je n’aurais pas, moi, nommé les présidents. Ils peuvent tout aussi bien être élus par les conseillers de village, il n’y a pas de crainte à avoir.

Le jumelage. Il est vrai qu’en période de crise économique, envisager un jumelage qui génère des dépenses n’est pas forcément une excellente idée, c’est ce que nous avions dit. Mais toute dépense doit être appréciée au regard du service rendu, en l’occurrence de ce que peuvent en attendre les habitants. Alors comme j’ignorais ce que pouvait représenter concrètement un jumelage entre deux petites villes et qu’il est préférable de connaître avant de juger, je me suis tout naturellement rendu au mois de mai dernier à la fête des dix ans du jumelage de Beaucouzé avec la ville de Selb située en Haute Bavière. 160 Selbois avaient fait le déplacement pour être accueillis dans des familles, une réelle amitié s’était forgée, de toute évidence. Alors lorsqu’il s’est agi de se prononcer sur la signature de la convention entre la commune de Bouchemaine et le Comité de jumelage, j’ai voté pour, tout comme les élus de la majorité et de l’autre groupe d’opposition. Mes colistiers ont à nouveau sorti le « carton rouge » lorsqu’ils ont entendu le mot « jumelage », en dépit d’une subvention annuelle de 2000 €, que j’ai jugée raisonnable, et de solides garanties sur l’utilisation de cette somme.

Le jumelage est une ouverture sur le monde. Une autre ouverture, c’est l’accueil des gens du voyage et également des migrants. Je ne fais pas d’amalgame entre les deux populations, mais les interrogations et incompréhensions qu’elles occasionnent sont assez comparables.
Je me suis prononcé très clairement en faveur d’une recherche de solution durable pour l’accueil des gens du voyage lors des grands déplacements, au niveau de l’agglomération angevine et du département. En réponse à une question écrite de notre groupe, le Maire avait pris des engagements que j’avais jugés pertinents, tant sur la gestion de ces grands déplacements de roms que sur les occupations illégales et improvisées de terrains. Mon groupe n’a pas apprécié que je fasse part au Maire de ma satisfaction. Je me suis tout simplement mis à sa place, les orientations choisies étaient dictées par le bon sens. J’ai dit ce que je pensais encore une fois.
Concernant les demandeurs d’asile, mon point de vue a été très largement diffusé dans la presse lorsque j’avais dit qu’ils ne présentaient pas le « début de commencement d’un problème. » On m’a reproché de voir apparaître « Virgile VALETTE, conseiller municipal UMP » dans l’article de presse. Sans faire de procès d’intention, je pense que c’est plutôt la position que j’avais prise sur les demandeurs d’asile qui a dérangé et pas mon appartenance à l’UMP. Et bien oui, si j’étais à la place du Maire, ces personnes en détresse continueraient à être accueillies de la même manière que ça plaise ou non.

Un dernier exemple et j’en aurai fini avec nos désaccords sur les sujets communaux. A l’occasion de la réorganisation des services municipaux, notre groupe est intervenu lors d’une séance de Conseil municipal en demandant au Maire « allez-vous recruter des employés communaux en fonction de leur appartenance politique ? » J’avais été choqué par cette allégation, irrespectueuse autant pour les élus que pour les agents municipaux eux-mêmes. Quel était l’intérêt d’une telle provocation ? Je me le demande encore.

Parlons de la transparence. La vraie transparence, je suis persuadé que c’est ce qu’attendent les personnes déçues par la politique mais plus globalement, je considère que c’est indispensable. C’est pour cela que j’ai développé notre site Internet. Au fil du temps, en l’alimentant seul, j’ai mis à disposition des habitants toutes les informations dont je disposais, dans les limites de la confidentialité. Je déplore de ne pas avoir été aidé du tout par mes colistiers malgré mes demandes répétées. Ne s’agissant pas d’une difficulté technique liée à l’utilisation de l’outil Internet car il suffisait de me transmettre des textes, il ne pouvait s’agir que d’une mauvaise volonté de communiquer au sein de notre groupe, de mutualiser les informations collectées par chacun. Ce n’est pas ma conception d’un travail d’équipe.

Ces désaccords ne me permettent bien évidemment plus de fédérer notre petit groupe avec lequel je ne me projette plus depuis longtemps.

Dans ces conditions, je demande au Conseil municipal de pouvoir me dissocier du groupe d’opposition « Ensemble + » pour constituer un groupe municipal à moi tout seul. Je pense que conformément au Code Général des Collectivités Territoriales, les commissions municipales n’ont pas à être modifiées. De toutes manières, ça, je ne le demande pas. En revanche, je souhaite continuer à disposer d’un espace d’expression dans le bulletin municipal. Pour que ça soit possible, j’aimerais que vous puissiez étudier une modification du règlement intérieur du Conseil municipal.

Je reste bien-sûr dans le Conseil municipal, en précisant que je ne m’allie ni à la majorité municipale, ni à l’autre groupe d’opposition.

En quittant le groupe municipal émanant de la liste « Ensemble + », je suis conscient que je peux décevoir des électeurs, qu’ils aient voté pour la liste « Ensemble + » ou pas, car je remets en cause d’une certaine manière le système démocratique des élections. Je n’ai cependant aucun doute sur le fait que je puisse toujours représenter des électeurs car le plus important, le plus important, ce sont les projets qui vous seront soumis et les qualités de ceux qui m’accompagneront pour les porter. Et croyez-moi, dans le programme de campagne qui sera rédigé pour les élections municipales de 2014, il n’y aura pas une seule ligne de compromis, pas une seule ligne écrite teintée d’électoralisme, car je considère qu’une fois en responsabilité, il est indispensable d’avoir la conviction du bien fondé des actions à mener, il faut y croire.

Alors permettez-moi de vous fournir des éléments permettant d’apprécier mon point de vue sur quelques sujets. Je vais lister ça vraiment très rapidement. Il ne s’agit pas d’un extrait de programme de campagne mais une manière de me créer une identité.

Concernant la fiscalité, la ligne de conduite restera la même : tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas d’augmentation d’impôt. L’urbanisme, j’en ai déjà parlé. Sur les solidarités, rester sur la même dynamique. Qu’il s’agisse du handicap, des plus faibles, des demandeurs d’asile… il est indispensable d’être solidaire. L’accompagnement vers la recherche d’emploi est bien engagé au niveau de l’agglomération, il est nécessaire que ces services soient proposés au plus près des habitants. Aider le milieu associatif à se développer encore, mais Bouchemaine est en très bonne place. Développer les circuits courts d’alimentation, même s’ils ne constitueront jamais un unique mode alimentaire pour tous, il s’agit avant tout d’éduquer. Du point de vue sportif, je m’interroge sur le devenir de la piscine municipale qui vit ses dernières heures… Concernant la culture, je considère qu’elle ne concerne pas tous les habitants, loin s’en faut. Ce qui manque à Bouchemaine, ce sont les animations, des activités plus populaires, accessibles à tous et pas seulement à 5 % de la population. L’un n’empêche pas l’autre, mais un rééquilibrage est possible. Sur la communication, il faut que la municipalité soit au plus près des habitants, à l’écoute. Le Maire d’Angers a instauré un « tchat du Maire », c’est une idée… Un dernier point : la majorité actuelle a décidé de se séparer de notre policier municipal. Avec l’accroissement programmé de la population de Bouchemaine, peut-être serait-il intéressant de mettre en place une petite brigade, pour la sécurité des biens et des personnes ? Je m’interroge…

Pour conclure, quelques mots sur mon positionnement politique.

En 2007, j’ai rejoint l’UMP sur la dynamique des élections présidentielles qui avaient porté un candidat incarnant à ce moment là le changement, pour une majorité de français : Nicolas Sarkozy.
En 2008, il y a eu les élections municipales.
En 2009, j’ai soutenu Christophe Béchu lors des élections européennes, en appréciant particulièrement son attachement au « terrain ».
Cette année, j’ai accompagné à nouveau Christophe Béchu et sa liste pour les élections régionales, avec un programme représentant à mon sens de véritables changements pour notre région, sur la formation, les transports… avec toujours une campagne de proximité.
En 2011 se dérouleront les élections cantonales. Comme la question m’a été posée à plusieurs reprises, j’y réponds ce soir : non, je ne serai pas candidat pour la majorité départementale sur le canton Angers Ouest et même pas candidat du tout.
En 2012 ce sera le tour des élections présidentielles.

Depuis quelques mois, l’UMP et la majorité présidentielle prennent des orientations qui se radicalisent, sur différents sujets. La perspective de 2012 n’est pas étrangère à cette accélération…

Au travers de mes missions municipales comme dans mes engagements associatifs, le thème des solidarités me tient particulièrement à cœur. Je me suis notamment exprimé à la fois dans la presse et en Conseil municipal sur l’accueil des gens du voyage et des migrants, me démarquant de mon groupe d’opposition. Je vous le dis solennellement, je suis choqué par la politique engagée contre les Roms par le gouvernement, vraiment. J’ai d’autres sujets de désaccord avec l’UMP. Tout ça m’a amené à m’interroger sur mon engagement au sein de ce parti. L’UMP comme d’autres partis tente actuellement de se remettre en question en définissant ou redéfinissant ses propres valeurs. Je connais mes valeurs, d’autres les connaissent également : la transparence, l’écoute, le dialogue, le respect des autres, la proximité, l’intérêt général qui s’oppose à l’intérêt particulier, l’entraide…

A-t-on besoin d’une carte d’un parti politique pour avoir de bonnes idées ? A-t-on besoin d’une carte pour conduire des projets ? A-t-on besoin d’une carte pour avoir des alliés ? A-t-on besoin d’une carte pour gérer une commune de 6000 ou 8000 habitants ?

Sans avoir la prétention de croire que je puisse être l’objet de convoitise d’autres partis politiques, je refuserai d’éventuelles opérations de séduction. L’action sera basée sur des valeurs que j’aurai plaisir à partager avec ceux qui m’accompagneront. La ligne de conduite sera simple : du pragmatisme, des projets pour Bouchemaine, pour tous les Bouchemainois, avec toujours à l’esprit l’intérêt général. Et pas d’étiquette.

Je vous annonce ce soir que je quitte l’UMP.

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